Salle de bain

Dans le cadre des séjours, au cœur des hébergements, la salle de bain fait partie intégrante des services proposés aux hôtes. C’est très souvent un lieu redouté par les personnes handicapées qui craignent de ne pouvoir en faire usage en autonomie.

Réglementation

Circulaire interministérielle n°DGUHC 2007-53 du 30 novembre 2007.
Annexe 8 - pages 34 et 35 : établissements disposants de locaux d’hébergement pour le public.
Ministère de l’écologie, du développement durable, des Transports et du Logement
Fiche 7 : Salle de Bain …

Descriptif

  • Il est important d’apporter un soin particulier au respect des normes car quelques centimètres de décalage ou une barre d’appui mal orientée peuvent rendre l’utilisation de l’un des équipements - comme la douche par exemple - impossible.
  • Il est fréquent que les personnes à besoins spécifiques passent plus de temps dans la salle de bain qu’une personne valide. Il est donc important d’offrir à cette clientèle la possibilité de chauffer la pièce à 23 ou 24 °C. La mise à disposition d’un radiateur chauffe-serviettes est particulièrement apprécié, pour autant qu’il soit positionné à bonne hauteur et facilement atteignable.

Handicap moteur :

  1. Un bac à douche avec un rebord arrondi de 2cm est admis par la loi, il est toutefois conseillé de privilégier les douches de plain-pied avec bac extra-plat et siphon au sol, la douchette doit être préhensible (hauteur inférieure à 130cm) et amovible.
  2. La sensibilisation du personnel d’entretien est primordiale afin que la douchette soit toujours maintenue en position basse. Il est important de ne pas placer la robinetterie derrière le siège de douche au risque de rendre la douche inutilisable : la robinetterie est systématiquement positionnée latéralement au siège. Une douche bien adaptée sera également très appréciée des personnes âgées qui se sentiront sécurisées. Un siège de douche confortable (45X45 cm d’assise minimum) assurera sécurité et confort de la clientèle en situation de handicap. Si le siège est accroché à la cloison ou sur un rail, il devra comporter un pied rétractable assurant la solidité du dispositif. Il est possible d’opter pour un siège mobile (qui est mis à disposition au coup par coup ou laissé en permanence dans la douche) dans ce cas, il est impératif de choisir un siège solide, ergonomique, aux pieds antidérapants et réglable sur plusieurs hauteurs d’assise. Si le siège est muni d’accoudoirs, ces derniers doivent être rabattables ; une personne en fauteuil roulant ne pouvant passer "par-dessus" un accoudoir.
  3. L’installation d’une barre d’appui pour se maintenir en position debout installée à la verticale (en plus de la barre de transfert règlementaire) est un plus, de même qu’une barre opposée relevable - qui ne devra pas gêner l’approche du fauteuil. Toutes les barres (d’appui, de maintien, de confort) doivent être choisies dans des matières non glissantes et non thermo-conductrices.
  4. Selon le type de clientèle reçue et le cœur de cible de l’hébergeur, en fonction de l’espace disponible dans la salle d’eau, le cumul d’une douche et d’une baignoire peut être une solution très confortable fort appréciée. (Il est également possible de proposer des chambres adaptées avec douche et d’autres avec bain).
    S’il est exact qu’une baignoire est souvent moins pratique d’utilisation pour une personne handicapée moteur, il est tout aussi vrai que cet équipement est fortement apprécié par certaines personnes dont les pathologies sont soulagées par un bain froid.
  5. Les baignoires proposées aux clients en situation de handicap doivent être équipées d’une tablette de transfert de 40 cm minimum de profondeur (l’idéal étant 60 cm). La tablette-transfert doit être équipée d’une barre d’appui horizontale, d’une longueur minimale de 65cm (c’est-à-dire se prolongeant le long de la baignoire) et fixée entre 0.70 et 0.80 m de hauteur.
    Dans la baignoire, la robinetterie doit être située sur la partie longue, à peu près au milieu et légèrement déportée vers l’extérieur pour éviter que l’utilisateur ne se blesse lors de ses mouvements et ses transferts.
  6. Lors du choix de la robinetterie, il convient d’être vigilant à sa facilité d’utilisation et son confort de préhension. Un mitigeur thermostatique est la meilleure solution ; souvent ergonomique, il permet également d’éviter les brûlures. Il convient d’éviter les boutons poussoirs qui peuvent s’avérer inutilisables par certains publics.
  7. Dans un souci d’autonomie et de confort de l’utilisateur, il faut veiller à ce que les accessoires (porte savons, sèche-cheveux, prises électriques, produits d’accueil…) et patères soient placés à une hauteur inférieure à 130 cm et supérieur à 40 cm du sol. Ainsi, le modèle d’une poubelle sera choisi pour sa facilité d’ouverture (pas de pédale) et d’atteinte (pas de format de 20 cm de hauteur).
  8. Le lavabo doit être bien adapté avec des rebords larges qui permettent à l’utilisateur de reposer ses avant-bras en cas de besoin. Il existe des lavabos ergonomiques avec un rebord convexe qui permet de s’approcher au maximum et de trouver une position confortable.
  9. Il est particulièrement important que la salle de bain comporte des rangements. Ceux-ci doivent être à bonne hauteur (entre 90 et 130 cm) et à proximité du lavabo pour limiter les aller/retour de la personne dans la pièce.
  10. Il existe des miroirs inclinables à souhait qui présentent l’avantage de répondre à tous les besoins en fonction de la stature de chacun.

Handicap visuel :

  1. La notion de contraste revêt ici toute son importance, c’est l’opportunité de faire entrer les couleurs dans des salles de bain qui ont souvent un petit relent d’hôpital ; le contraste est à intégrer dans la décoration et le design des lieux. Les interrupteurs, poignées de portes, accessoires mis à disposition (sèche-cheveux, porte savon, abattant WC…) doivent être de couleur contrastée. C’est également le cas pour le mobilier qui peut être source de chute ou de coup : vasques, plan-vasque. De même, les poignées de portes, les prises-rasoir… seront contrastées par rapport aux murs.
  2. Il est également très important que le personnel de ménage et d’entretien des locaux soit sensibilisé aux spécificités liées au handicap visuel : aucun objet ne doit être déplacé lors du nettoyage d’une chambre occupée par un client ayant ce type de besoins spécifiques.
  3. Une personne déficiente visuelle étant facilement perdue dans des espaces trop vastes où il est compliqué de trouver des repères, il conviendra d’éviter d’attribuer la chambre avec salle de bain adaptée aux personnes ayant un handicap moteur aux hôtes ayant un handicap visuel.
  4. Le choix de l’éclairage et sa modularité est important ; il doit être mis en parallèle avec le choix de revêtement mural et de sol. Ainsi, par exemple, il convient d’éviter un carrelage blanc brillant avec des spots orientés vers les murs. (Voir fiche pratique Éclairage et sécurité)
  5. L’installation du miroir doit permettre de s’approcher le plus possible. L’ajout d’un miroir déporté fixé sur un bras pliable et/ou repliable est un plus très utile aux clients malvoyants (attention toutefois à ce qu’il ne se transforme pas en obstacle à hauteur de visage).

Handicap auditif :

La personne sourde est vite en danger dans un endroit où elle se trouve seule. Si l’hébergement dispose d’un outil d’alarme incendie, d’une alarme antifumée sonore, ceux-ci devront être couplés par un flash lumineux situé dans la salle de bain.

Handicap mental :

  1. Une ambiance chaleureuse et apaisante aidera les hôtes handicapés intellectuels à se sentir à l’aise dans l’établissement.
  2. Il est nécessaire de plafonner la température de l’eau par un robinet thermostatique par exemple.
  3. Le côté « eau froide » doit être distingué du côté « eau chaude » par un visuel repérable (Bleu/Rouge).
  4. Limiter l’usage d’appareil à utilisation parfois complexe (chauffage/climatisation, éclairage, robinetterie…) ou prévoir une notice d’explication claire et bien adaptée en plus d’un essai avec le client lors du check-in du client si nécessaire.

Avec l’aimable relecture de Dominique Rabet, DR Consultant.

Retrouvez ici les autres fiches pratiques accessibilité

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4

Source

CRT Paris IdF

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