Tourisme fluvial à Paris Île-de-France en 2016 : Fluctuat nec mergitur

Les comités régionaux du tourisme Paris Île-de-France et Normandie se sont associés avec HAROPA, l’alliance des ports de Paris, Rouen et le Havre, pour présenter les chiffres du tourisme fluvial 2016.

Passagers sur la Seine en 2016 à Paris Île-de-France

En 2016, Paris a bien mérité sa devise. La Seine a accueilli un peu plus de 6 millions de passagers (6 216 435) sur les bateaux promenades ou les paquebots, ce qui en fait l’un des sites les plus visités de la destination. Ce chiffre global montre cependant la forte baisse subie en 2016 par rapport à 2015 (8 033 991, chiffre consolidé) avec  - 2 millions de passagers, soit -22,6%.

En ajoutant les promeneurs sur les quais, la Seine est indéniablement est un des sites touristiques majeurs de l’Île-de-France. Les rives de la Seine et les monuments compris entre le pont de Sully et le pont d’Iéna sont d’ailleurs classés Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1991.

Une offre variée

De la simple promenade fluviale dans le cœur de Paris à la véritable croisière de Paris à Honfleur et retour, en passant par la promenade-restaurant, l’événementiel ou la nuit sur l’eau, l’offre touristique fluviale est riche, particulièrement pour Paris et la vallée de la Seine aval.

Si le détail des types de promenades fluviales n’a pu être traité pour 2016, les résultats de 2015 montrent cependant clairement la part prépondérante des promenades fluviales simples.

2015










En revanche, l’amont de la Seine et la connexion avec la Bourgogne restent particulièrement sous-exploités avec une offre fluviale à construire et à valoriser (Melun et Vaux-le-Vicomte, Fontainebleau, Moret-sur-Loing…). Signe encourageant cependant, depuis 2017, des croisières sont proposées en amont de Paris jusqu’à Saint-Mammès (Fontainebleau, Moret-sur-Loing) sur le Swiss Ruby.

Depuis le début de l’année 2017, Batobus permet aux possesseurs d’un pass Navigo annuel, et pour un surcoût de 40€, d’embarquer sur ses navettes. Cette offre peut attirer la clientèle francilienne ou les visiteurs longue durée.










Evolution de l'activité promenade fluviale en millions de passagers (sources HAROPA)

Les tendances

Randonnée en famille à vélo, Episy, Moret-sur-Loing,en Seine-et-Marne, été 2016.

Randonnée en famille à vélo, Moret-sur-Loing, Seine-et-Marne, été 2016 © Amelie Laurin

On constate un attrait grandissant des touristes et des Franciliens pour les rives de la Seine avec l’ouverture et le succès de nombreux établissements en bord de fleuve et la piétonisation des berges. Cela se vérifie avec le succès des privatisations de bateaux soit par des entreprises soit par des particuliers (+27% en un an en 2015). Plusieurs villes fluviales, et pas seulement Paris, poursuivent l’aménagement des berges comme Choisy-le-Roi (94), Boulogne (92) ou Auvers-sur-Oise (95).

Focus sur les promenades fluviales Paris Île-de-France

Bateaux Parisiens, Paris 2016

Bateaux Parisiens, Paris 2016 © JP Salle

La promenade fluviale est très recherchée des visiteurs car c’est un produit unique au monde : en 1 à 2 heures, le passager découvre une très grande partie des monuments incontournables de la capitale.

Pour les promenades fluviales, les visiteurs semblent se détourner des petites embarcations (-29%) et dans une moindre mesure des gros bateaux (-2,5%) au profit des bateaux à taille humaine (+14%) qui proposent de nouveaux concepts de visite (sources HAROPA 2015).

Focus sur les paquebots de croisières

Val-d'Oise, La Roche-Guyon, bord de Seine

Val-d'Oise, La Roche-Guyon, bord de Seine, juillet 2016 © J. Sierpinski / CRT Paris Île-de-France

Après une forte progression du trafic (+40% en 5 ans), l’activité des paquebots de croisière a connu, à l’image de l’ensemble des activités de la destination, une forte baisse en 2016, - 15%, en passant de 89 572 passagers en 2015 à 75 810 en 2016.

Ce coup d’arrêt, plus lié à des facteurs conjoncturels et qui concernent l’ensemble de l’activité touristique de la destination, ne doit pas faire oublier que sur une période longue, à l’instar du secteur des croisières maritimes, les croisières fluviales connaissent un fort développement et notamment sur la vallée de la Seine.

Les CRT Normandie et Paris Île-de-France ont d’ailleurs signé avec l’Etat en 2014 le contrat de destination Impressionnisme pour fédérer et mobiliser l’ensemble des acteurs publics et privés de cette marque mondiale, pour promouvoir et développer une offre de grande qualité afin de répondre à une forte demande de toutes les clientèles, notamment lointaines. 

En 2015, avec près de 90 000 passagers, 400 000 nuitées furent comptabilisées. Mais le chiffre réel était sans doute compris entre 500 000 et 600 000 nuitées. Si le chiffre reste faible par rapport au total des nuitées de la destination, il a pour intérêt d’entraîner souvent des nuitées en hôtellerie classique (à terre) avant et/ou après la croisière (pré/post-extension de séjour). Les chiffres 2016 ne sont pas connus, ils peuvent cependant être estimés, sur les bases de l’année précédente, à un nombre compris entre 400 000 et 500 000 nuitées.

Jusqu’en 2015, le secteur des croisières fluviales a connu un fort développement :

  • de 50 000 à 90 000 passagers entre 2012 et 2015,
  • de 10 à 21 bateaux sur la même période.

Mais, à l’instar des autres secteurs du tourisme francilien, ce secteur fut fortement marqué par les événements de 2015/2016 (attentats, émeutes et crue de la Seine) pour revenir au niveau de 2013. Le nombre de passagers a connu une baisse de 15%, à l’encontre de toutes les prévisions, Et le nombre de bateaux est ainsi passé à 18 bateaux en 2016. Dans ce secteur en particulier, les professionnels estiment cependant qu’il s’agit bien d’une baisse conjoncturelle et non structurelle. De fait, les compagnies se montrent aujourd’hui un peu plus optimistes et le nombre de bateaux est depuis passé à 19 pour 2017.

Cette mauvaise conjoncture n’a pas empêché les compagnies comme les institutionnels de mener des actions pour améliorer la qualité de l’accueil et anticiper, malgré tout, les prévisions de croissance du marché :

  • concertation menée par HAROPA sur le projet de terminal de croisière afin d’accueillir dans de meilleures conditions les bateaux, et particulièrement ceux de 135 m, au plus près de Paris,
  • aménagement de nouvelles escales comme celle de La Roche-Guyon prévue pour septembre 2018.
  • nouveaux produits comme la croisière Seine amont à bord du Swiss Ruby ou l’arrivée du SS Joie de Vivre d’une longueur inhabituelle sur la Seine (125 m).

Croisières fluviales










Evolution de l'activité croisière fluviale en milliers de passagers (sources HAROPA)

Le 10 mai 2017, HAROPA et VNF ont présenté le schéma directeur de développement de la croisière fluviale sur la Seine aval pour construire à l’échelle de la Vallée de la Seine un plan de développement à 10 ans des appontements et des services associés en concertation avec tous les acteurs territoriaux et les professionnels du secteur. 

Pour les professionnels, la prise en compte de la dimension des retombées économiques locales générées par cette activité (avitaillement, visites, etc.) est également essentielle pour le développement pérenne de cette filière. Cela peut en effet être un critère différenciant dans la concurrence que se livrent les compagnies.

Compte tenu d’un rajeunissement de la clientèle de la croisière fluviale, sur d’autres bassins, de nouvelles activités sont proposées comme des balades à vélo. Avec le travail réalisé ou en cours de réalisation en particulier par le département des Yvelines ou le projet de véloroute de la Seine lancé par l’Etat dans le cadre du CPIER Vallée de la Seine, cette activité pourrait bien être également proposée prochainement sur la Seine.

Paquebots navigant sur la Seine en 2016 (sources HAROPA)






La Région Île-de-France soutient le tourisme fluvial

Flow – Paris, quai d’Orsay

Flow – Paris 2016, quai d’Orsay © G. Brunet-Lentz – CRT Paris IdF

A la suite du Fonds de développement touristique régional (FDTR), le Conseil régional d’Île-de-France a mis en place en 2017 le Fonds régional pour le tourisme (FRT).

Les actions du Fonds dans le domaine fluvial

Initié en 2012 par le Conseil régional d’Île-de-France et instruit par le Comité régional du tourisme Paris Île-de-France, le FDTR a eu pour objectif de financer des projets d’investissements touristiques structurants, avec deux priorités transversales : le développement économique de la région, et la conversion écologique et sociale du tourisme.

Le FRT soutient lui les projets qui s’inscrivent dans l’une ou plusieurs des démarches suivantes :

  1. Modernisation et transition numérique du tourisme
  2. Actions de promotion et de communication (au niveau régional, national ou international)
  3. Emergence d’une « région multilingue »
  4. Renforcement de la sécurité (au sens de « sûreté ») des sites et parcours touristiques
Quelques exemples de projets soutenus par le fonds

Marin d'eau douce, location de bateaux électriques sans permis, Paris. 2014

Paris, 2014 © Marin d'Eau Douce

Dans les domaines fluvial et fluvestre, le FDTR et le FRT ont soutenu ou soutiennent le lancement de projets comme :

  • Marin d’Eau Douce (locations sans permis de bateaux électriques au bassin de la Villette puis à Meaux),
  • OFF Paris Seine (hôtel et bar flottant sur la Seine à Paris),
  • La barge Flow quai d’Orsay,
  • Le nouveau bateau-ponton de Paris Canal ou le projet d’escale fluviale à La Roche-Guyon,
  • Les projets d’aménagement des berges et la construction d’une escale de croisières à Mantes-la-Jolie (78),
  • La valorisation touristique des berges à Auvers-sur-Oise,
  • Une barge pour développer l’activité tourisme d’affaires de Vedettes de Paris.
OFF Paris Seine, quai d'Austerlitz

© OFF Paris Seine, quai d'Austerlitz

En savoir plus sur le Fonds régional pour le tourisme